photo David Perez, CC BY 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/3.0>, via Wikimedia Commons

Extrêmement menacé, le Phragmite aquatique est un petit oiseau des zones humides (prairies et marais) qui vit entre l’Europe de l’Est et l’Afrique. Quand il fait escale dans notre région en fin d’été, Bretagne vivante en profite pour le suivre.

Retrouvez les informations sur l’observation et la protection des Phragmites aquatiques sur le site internet de Bretagne vivante

 

Christine Blaize, chargée de projet de Bretagne vivante

Un petit oiseau discret aux couleurs adaptées à son milieu : brun/beige avec une bande jaune sur la tête. Un corps assez fin, comme son bec d’insectivore, une dizaine de grammes ou un peu plus..  Le Phragmite aquatique ressemble un peu à une fauvette mais son mode de vie évoque aussi l’hirondelle. Comme pour cette dernière, la stratégie de survie de l’espèce mise sur le nombre d’individus avec deux pontes par an. Pourtant, c’est le passereau le plus menacé du monde, d’où les programmes de suivi et d’actions qui lui sont consacrés et auxquels participe l’association Bretagne vivante.

Un passereau migrateur qui fait escale en Bretagne, entre autres

Comme son nom l’indique, le Phragmite aquatique apprécie les zones humides, en bord de mer ou en eau douce, peu lui importe, du moment qu’il y a des insectes, sa nourriture de base. Quand l’espèce était florissante, on trouvait ces oiseaux partout en Europe l’été. Mais désormais, ils ne nichent plus que dans 4 pays d’Europe de l’Est : l, la Biélorussie, l’Ukraine a Pologne et la Lituanie où on trouve de très grandes prairies alluviales, ouvertes et bien humides. L’hiver, il se réfugient en Afrique, notamment au bord du fleuve Sénégal et dans le delta intérieur du Niger au Mali, pour retrouver les insectes qui le nourrissent. En passant, il fait escale en Bretagne (4 à 6 jours à partir de fin août le temps de reprendre un peu de poids), dans l’estuaire de la Loire, en Normandie, ou dans le Nord de la France.

Les zones humides ouvertes, des habitats qui disparaissent

Les arbres, ce n’est pas son truc. Ce qu’aime le Phragmite aquatique c’est faire son nid au sol, plus exactement sur un môle végétal (touradon de Molinie par exemple) au-dessus d’une lame de 5 à 10 cm d’eau).
Le problème, c’est donc que ces grandes zones de prairies humides se font de plus en plus rares ; nos pratiques agricoles les ont peu préservées et quand elles existent, les fauches seraient trop précoces pour préserver les nids éventuels. Voilà pourquoi les populations de Phragmites aquatiques se sont réduites comme peau de chagrin. Un Plan national d’actions pour le préserver existe depuis 2010 et il a été renouvelé en 2021 pour 10 ans. Pour mieux connaître ce petit oiseau, Bretagne vivante souhaiterait notamment qu’on puisse étudier les populations des insectes dont il se nourrit dans les zones humides.