Né en 2016, le collectif Oui au train de nuit est un groupe de pression qui agit à l’échelle nationale pour la réouverture des circulations ferroviaires nocturnes. Le délégué du Finistère, Iwan Le Clec’h est géographe et urbaniste et il nous explique les motivations du collectif. 

Le site internet du collectif Oui au train de nuit 

Iwan Le Clec'h délégué Finistère du collectif Oui au train de nuit

C’est en 2016 que le collectif Oui au train de nuit est né, alors que ce mode de déplacement avait quasiment disparu du paysage ferroviaire français, victime notamment de l’hégémonie du TGV… Actuellement, il ne reste en circulation que deux véritables trains de nuit, le Paris-Rodez-Albi (jusqu’à Port-Bou certains jours) et le Paris-Briançon. On peut y ajouter deux liaisons ferroviaires privées, Hendaye-Lisbonne et Montpellier-Nice-Paris-Moscou. Et il existe encore des trains de nuit sans couchettes comme le Paris-Brest de la nuit du dimanche au lundi ou des trains saisonniers entre le Finistère et les stations de sports d’hiver. Le Lyon-Quimper ou le Nantes-Nice ont disparu au début des années 2000.

Le collectif joue donc les groupes de pression avec une pétition en ligne, mais ses membres rencontrent aussi des élus avant les scrutins (actuellement les élections sénatoriales puis suivront les élections régionales).

Pourquoi réveiller les trains de nuit ?

Les membres du collectif – des citoyens de tous bords –  ont aussi élaboré un argumentaire qui met en avant l’intérêt des trains de nuit :

Pour lutter contre le changement climatique, l’intérêt du train est d’abord écologique puisqu’il permet – sur les liaisons nationales et intraeuropéennes d’éviter que des millions de passagers ne se déplacent chaque année en avion, en bus ou en voiture.

Il s’agit aussi d’aménagement du territoire et d’équilibre social : sur les liaisons transversales (sans passer par Paris) pour relier les régions éloignées, et pour des trajets de plus de 500 km vers les villes moyennes et les territoires ruraux, le train de nuit est un outil de redynamisation. .

Autre argument, économique : faire économiser des nuits d’hôtel dans les déplacements d’affaires ; quand la durée d’un trajet TGV dépasse 3 heures (plus de 750 km), le train de nuit peut permettre d’arriver tôt et de partir en soirée.

Ce serait même un bonus pour construire l’Europe car pour les liaisons intraeuropéenes : le train de nuit va deux fois plus loin que les TGV (de 750 à 1500 km) !

La relance ferroviaire, une chance pour les trains de nuit

Les récentes annonces d’Emmanuel Macron en faveur du train, avec 10 milliards d’euros prévus pour renouveler les rames et les lignes ferroviaires sont pour le collectif un excellent signal. Si on rénove les lignes du quotidien, les voies ferrées en particulier, le train de nuit pourrait en profiter et des sillons pourraient leur être rouverts. La renaissance du Paris-Nice, voire du Paris-Tarbes, est annoncée pour l’ hiver 2021/22. Un début… mais le collectif préconise une trentaine de réouvertures de trains de nuit d’ici 2030, dont certaines d’envergure européenne, d’autres entre Paris et les régions ou transversales pour relier par exemple le Finistère au sud de la France.

La pétition « Oui au train de nuit » sur change.org ou sur cyberacteurs