Moules perlières d’eau douce – photo Hervé Ronné

La mulette perlière est une moule d’eau douce très menacée mais toujours présente dans nos rivières bretonnes. C’est une espèce parapluie, très sensible à la qualité des milieux. Bretagne vivante et ses partenaires mènent des actions pour l’étudier, la préserver et même la réintroduire dans le Finistère, les Côtes d’Armor et le Morbihan.

Réécoutez l’émission sur la mulette perlière réalisée avec Bretagne vivante

Réécoutez l'interview de Pierrick Pustoc'h, de Bretagne vivante

En France et dans le monde, la mulette perlière (margaritifera margaritifera) est classée « en voie d’extinction ». Elle a été beaucoup pêchée au 19e et début du 20e siècle pour ses (rares) perles. Sa biologie délicate la rend aussi fragile : elle a besoin d’une rivière très saine, peu trouble et elle est dépendante des poissons de type saumon ou truite pour le transport et la maturation de ses larves, les glochidies. Les jeunes mulettes vivent ensuite 3 à 5 ans enfouies dans les sédiments qui ne doivent pas être trop denses pour ne pas priver d’oxygène les mollusques.

Cependant, cette moule d’eau douce est encore présente dans quelques rivières du centre Bretagne : Finistère (monts d’Arrée), Côtes d’Armor et Morbihan. C’est sur ce territoire que Bretagne vivante participe avec l’Epaga, le Parc naturel régional d’Armorique et la fédération de pêche participent à différents programmes d’étude et de protection de l’espèce.

La mulette est de retour dans le Roudoudour

Les études de 2021 ont permis de repérer de l’ADN de mulette perlière dans le Roudoudour, un affluent de l’Ellez, d’où on la pensait disparue. Une juvénile a été observée ce qui confirme le retour du mollusque dans cette rivière finistérienne. Cela démontre donc l’importance des actions de préservation des milieux aquatiques mais aussi de renforcement et de réintroduction.

Le renforcement consiste à réimplanter de jeunes mulettes dans des secteurs où les adultes sont encore présents. La réintroduction concerne les rivières où l’espèce a disparu.

Une station d’élevage de la mulette à Brasparts

Gérée par la fédération de pêche du Finistère, la station du Favot élève entre autres des mulettes dont les glochidies sont prélevées dans le milieu naturel, inoculées dans des poissons sélectionnés, jusqu’à atteindre un âge suffisant pour qu’elles puissent résister et être réimplantées en milieu sauvage.

Sur le terrain, les mulettes sont suivies grâce à un aquascope qui permet d’inspecter les fonds des rivières sans être gêné par le courant.

Par ailleurs, le programme consiste aussi à préserver les habitats favorables aux mulettes : par l’entretien des zones humides qui filtrent l’eau, par le confortement des berges (pour éviter la vase et les sédiments trop fins), par le remplacement des épicéas (défavorables à la biodiversité) par d’autres espèces d’arbres plus propices à la vie aquatique et qui permettent de maintenir la fraicheur (moins de 25°C pour la mulette), par la suppression de barrages qui empêcheraient les poissons-hôtes de circuler, etc.