Née à Rennes, l’association les Pétrolettes lutte contre le tabou imposé au travail du sexe et met en place une véritable entraide entre les personnes. Elle s’implante en Finistère depuis octobre 2021.

Le site internet des Pétrolettes et la page Facebook des Pétrolettes

Réécoutez Billy, représentant des Pétrolettes dans le Finistère

Difficile de cerner l’ensemble du travail du sexe en France ; les situations sont extrêmement variées d’une personne à l’autre et les activités aussi : du téléphone ou web « rose » à la prostitution en passant par le cinéma porno, le strip-tease, etc. Les situations légales aussi sont diverses. En particulier pour les personnes qui se prostituent puisque la loi de 2016 a criminalisé toute la « périphérie » de l’activité : recourir à des services sexuels payants peut vous coûter 1500€ d’amende, et la notion de proxénétisme a été tellement élargie que même le parent d’une personne adulte qui se prostitue peut être considéré comme son proxénète… La prostitution de rue a donc drastiquement diminué mais le commerce du sexe s’est reporté sur internet où il entraîne davantage encore d’invisibilité de celles et ceux qui le pratiquent.

L’association bretonne les Pétrolettes est née justement en réaction à cette loi qui rend plus précaire la situation des travailleuses et travailleurs du sexe (TDS). Elles et ils sont encore moins à l’abri des abus de clients qui négocient les prix ou de leur violence éventuelle. Plus largement, c’est une violence d’État que dénonce l’association, alors que le même État est tout à fait disposé à prélever des impôts sur les revenus des TDS.

Renforcer la communauté du travail sexuel pour favoriser l’entraide

A la différence du Strass qui reste un syndicat concentré sur l’accès aux droits, les Pétrolettes est aussi une association destinée à prévenir l’isolement voire la solitude qui accompagne souvent le travail du sexe, du fait même qu’il est criminalisé. L’idée est donc de permettre aux travailleuses et travailleurs du sexe de se rencontrer, de pouvoir échanger tout simplement, partager leur quotidien et leur vécu.
Ensuite, il s’agit de développer l’entraide au sein de la communauté, pour améliorer les conditions de vie des personnes, sans chercher à abolir la prostitution. Et là, les champs d’intervention sont très nombreux : santé, en prévention comme en soin, contraception, droits sociaux et économiques (aide à l’obtention de permis de séjour, à la déclaration d’autoentreprise, à la déclaration de revenus), accès au logement, formation aux techniques d’autodéfense, apprentissage du français pour les personnes d’origine étrangère, etc.

Une antenne des Pétrolettes dans le Finistère

Bien implantée à Rennes, l’association les Pétrolettes cherche à renforcer ses interventions de proximité. Ainsi à Brest, quelques TDS s’organisent et se font connaître auprès des structures qui peuvent les aider : Centres d’éducation et planification familiale, Cegidd, Aides, Caf …

Les pétrolettes du Finistère cherchent aussi un local à Brest pour proposer une à deux permanences par mois ainsi qu’à Quimper (une fois par mois). On peut aider aussi l’association financièrement. On peut également participer aux actions militantes qu’elles organisent comme la prochaine manifestation contre la loi de 2016 le 13 avril 2022. On peut enfin relayer leurs messages. On peut même adhérer à l’Association Allié.e.s des Travailleurs et travailleuses du Sexe.

A lire pour en savoir plus sur le travail du sexe

Le livre TDS – témoignages de travailleuses et travailleurs du sexe de Tan, paru au Diable Vauvert
Putain de vies ! itinéraires de travailleuses du sexe de Muriel Douru